Vrai ou Faux

Qui n’a pas entendu parler des soi-disant vertus ou dangers de tel aliment, de telle pratique..? Ici, on fait la chasse aux idées reçues et autres légendes urbaines, et on vous donne des réponses expertes sur tous ces sujets qui font parler.

Le lait, ça rend les os solides ?

Cela fait des décennies que l’on associe les produits laitiers à la santé des os. Et pour cause, « nos amis pour la vie », comme le proclamait une célèbre publicité dans les années 1980, contiennent une grande quantité de calcium, nécessaire au maintien d’une bonne ossature.

C’est notamment le cas des fromages à pâte dure, comme le cantal et le comté (ça tombe bien, les enfants adorent !), sans oublier l’emmental ou le parmesan (délicieux aussi en râpé sur les pâtes ou les gratins !). De plus, les fromages à pâte dure sont, avec les yaourts, les produits laitiers les plus faciles à digérer pour les personnes qui supportent mal le lait.

Si les produits laitiers contribuent à la santé de nos os, ils ne sont pas les seuls. Les légumes-feuilles et choux (notamment les épinards et le chou frisé), les fruits secs (amandes, noix du Brésil) ou encore certaines eaux minérales représentent une source non négligeable de calcium, pouvant ainsi convenir aux personnes intolérantes au lactose ou suivant un régime végétalien. La vitamine D joue aussi un rôle essentiel puisqu’elle améliore l’absorption et l’utilisation du calcium par l’organisme. Et cette vitamine est synthétisée par la peau sous l’action des rayons du soleil, mais elle est également apportée par certains aliments, essentiellement l’œuf (et plus précisément le jaune) et les poissons gras : saumon, sardine, maquereau, thon (même en conserve), truite, hareng, espadon, etc.

Sans oublier le foie de morue fumé en conserve, délicieux sur une tranche de pain grillé. Ce n’est pas un hasard si l’hiver, nos grand-mères donnaient régulièrement une cuillère d’huile de foie de morue à leurs enfants…

Mots clés :

Les produits 0 % de sucres et de matières grasses ne contiennent pas de calories : faux

Les « allégations 0 % », vous connaissez ? Voici de quoi vous rafraîchir la mémoire : un produit est « 0 % de matières grasses » ou « 0 % de sucres » s’il ne contient pas plus de 0,5 g par 100 g ou par 100 ml de l’un ou l’autre de ces composants. Ces produits répondent à des envies ou à des besoins différents en fonction des personnes qui les consomment, qu’elles veuillent limiter leurs apports en matières grasses ou en sucres, et ce pour diverses raisons.

Mais attention, « 0 % de matières grasses » ou « 0 % de sucres », cela ne signifie pas « sans apport énergétique » ou « sans calories », contrairement aux produits 0 % de calories.

Par exemple, un yaourt 0 % de matières grasses peut contenir beaucoup de sucres et être donc – paradoxalement – plus calorique qu’un yaourt nature classique. Inversement, un biscuit sans sucres peut contenir beaucoup de matières grasses, lesquelles apportent des calories.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce qu’un produit apporte moins de matières grasses ou de sucres qu’il faut le consommer en plus grande quantité. Sinon, c’est 0 % de bénéfices !

Mots clés :

L’ananas fait maigrir

On entend souvent dire que l’ananas est un « brûle-graisses ». Eh bien, c’est une légende ! Une légende qui s’enracine dans… la broméline. Pour faire simple : la broméline est une enzyme qui s’attaque aux protéines présentes dans l’organisme et facilite leur digestion et leur assimilation. Ce qui signifie que son action ne s’exerce donc pas sur les graisses : elle ne fait pas maigrir.

De plus, si la broméline est fortement présente dans l’ananas, c’est la tige qui en contient la plus grande partie, non le fruit ! Voilà pourquoi consommer de l’ananas ne vous fera en rien maigrir.

Alors, adieu l’ananas ? Pas si vite ! S’il n’a rien de magique, ce fruit délicieux originaire d’Amérique du Sud a tout de même des bienfaits nutritionnels. Riche en vitamine C et en manganèse, il contribue à un métabolisme énergétique normal et aide à protéger les cellules contre le stress oxydatif. L’ananas est donc un bon allié de la digestion et un bon antioxydant pour l’organisme.

Si vous souhaitez garder la ligne, privilégiez une alimentation saine et variée et une activité physique régulière plutôt qu’un régime.

Mots clés :

Les pâtes font grossir

Les pâtes, petits et grands en raffolent ! Pourtant, elles souffrent d’une mauvaise réputation : elles feraient grossir. Vérité ou mythe ? Tout dépend de la quantité consommée et de leur accompagnement, répondent les nutritionnistes. Une grande assiette de pâtes à la carbonara, généreusement garnie de crème fraîche, de lardons et de parmesan risque fort de vous faire grossir si vous en mangez plusieurs fois par semaine et que vous vous dépensez peu ! Une assiette de pâtes aux légumes du soleil (ou au saumon, avec des herbes aromatiques…), avec juste ce qu’il faut de matières grasses, non.

Comme la majorité des féculents, les pâtes sont non seulement indispensables à une alimentation équilibrée, mais elles sont aussi une bonne manière d’éviter la prise de poids :

Elles apportent des glucides à faible index glycémique, c’est-à-dire qu’ils élèvent la glycémie (le taux de sucre dans le sang) de manière modérée et lente, contrairement aux glucides à fort index glycémique qui l’élèvent fortement et rapidement. Les pâtes fournissent donc de l’énergie qui se libère progressivement dans le corps, et permettent de ne pas avoir faim entre les repas et donc d’éviter le grignotage. Et en version complète, elles sont encore plus intéressantes pour l’organisme, car elles contiennent plus de nutriments (comme les fibres, les vitamines et les minéraux). Privilégiez également une cuisson al dente des pâtes, pour encore plus de bienfaits nutritionnels.

Mots clés :

Les adolescents doivent se coucher tôt

Le besoin en sommeil des adolescents est encore important, autour de neuf heures par nuit. Compte-tenu des rythmes scolaires, cela impose donc de se coucher au plus tard vers 22 heures. Sauf que, dans les faits, nombreux sont ceux qui ont du mal à s’endormir si tôt et qui retardent de plus en plus le moment d’aller au lit (et par conséquent d’en sortir !).

Cette tendance à être plutôt « du soir » correspond à une modification normale du sommeil durant l’adolescence. Parfois, cela se manifeste même par un syndrome de « retard de phase », trouble du sommeil particulièrement fréquent chez les adolescents.

Pour les parents, la première chose à faire est d’accepter que ce besoin de sommeil décalé correspond à un phénomène naturel et physiologique. Rien ne sert donc d’obliger l’adolescent à se mettre au lit à 21 heures !

Il est bien plus préférable d’instaurer le dialogue (non-moralisateur) afin d’évoquer l’importance du sommeil et les bonnes pratiques associées, puis de trouver avec l’adolescent des solutions adaptées pour favoriser un bon sommeil.

Par exemple, choisir une activité autre que le smartphone ou les jeux vidéo une heure avant d’aller se coucher, se lever au plus tard à 11h (même les lendemains de soirée !) et contribuer soi-même à une ambiance sereine à la maison le soir…

Mots clés :

Laver la vaisselle à la main consomme moins d’eau qu’en machine

Le débat fait rage depuis des décennies : qui est le plus gourmand en eau, le lavage à la main ou en machine ? Contrairement aux idées reçues, les lave-vaisselle sortent vainqueurs du match ! Selon l’ADEME, ils sont plus économes en eau qu’une vaisselle à la main avec  le robinet d’eau ouvert, car les nouveaux modèles consomment moitié moins d’eau qu’il y a 10 ans. Selon une étude réalisée par Eurofins pour le Gifam (Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager), les lave-vaisselle « nouvelle génération » consomment 10 à 12 litres d’eau par cycle de lavage en moyenne (un rapide coup d’œil sur le site d’un distributeur d’électroménager confirme ce chiffre), alors qu’une vaisselle faite à la main nécessiterait 42 litres d’eau en moyenne. Avec une consommation d’énergie aussi moindre, le bilan écologique est donc favorable à la machine, à condition de bien choisir son modèle, d’optimiser son utilisation (toujours remplir le lave-vaisselle), de sélectionner le programme éco et préférer un détergent écologique.

La vitamine C prévient le rhume

Si la vitamine C possède de nombreuses vertus, et contribue notamment au fonctionnement normal du système immunitaire, est-il nécessaire d’en prendre largement au delà des apports conseillés (93 mg/j chez les adultes) pour prévenir le rhume, comme le préconisait le prix Nobel de chimie Linus Pauling ? Pas si sûr. Cette théorie est très controversée, et une étude du groupe Cochrane a révélé que la prise de vitamine C à haute dose n’est pas efficace pour prévenir le rhume chez l’humain. En revanche, les besoins en vitamine C sont accrus dans certaines situations pathologiques et en fonction des modes de vie (activité physique intense, consommation excessive d’alcool, tabagisme), et pourrait raccourcir la durée du rhume.

Mots clés :

Le thé a des vertus apaisantes ?

Il ne vous viendrait pas à l’idée de boire un café le soir, mais vous vous laissez souvent tenter par un petit thé… En effet, le thé est réputé pour avoir des vertus apaisantes. C’est faux ! Et c’est confondre thé et infusion aux plantes, comme le tilleul, la camomille ou la marjolaine, dont les bienfaits sont reconnus.

En fait, le thé contient la même substance stimulante que le café : la théine et la caféine sont en réalité exactement la même molécule !

Certes, pour poursuivre le comparatif thé/café, la teneur en caféine d’une tasse de thé est moins élevée que celle d’une tasse de café, mais le thé contient d’autres substances stimulantes qui sont, elles, absentes du café, comme la théobromine.

En outre, les deux boissons ne sont pas assimilées de la même façon par l’organisme, l’effet du thé étant plus diffus sous l’action des tanins. Ainsi, là où le café agit rapidement, pendant 2 à 3 heures, le thé le fait pendant 6 à 8 heures de manière continue.

C’est pourquoi l’on dit qu’il stimule sans exciter. Chez certaines personnes, le thé peut néanmoins rendre l’endormissement plus difficile, il faut donc lui préférer des boissons déthéinées (comme le rooibos ou la tisane) après 17 h.

Mots clés :

Le chocolat, ça rend heureux ?

On entend souvent dire que le chocolat rend heureux… Mais s’il est capable d’exercer cet effet fantastique, ce n’est pas pour les raisons que l’on croit, à savoir : sa teneur en substances (comme le tryptophane) favorisant la production d’hormones liées au bonheur. Le super-pouvoir du chocolat serait en fait le résultat d’un phénomène d’abord psychologique.

En dehors de toute allégation santé, la première vertu du chocolat est qu’il est associé au plaisir. On ne mange pas du chocolat pour se nourrir, on le déguste parce qu’on apprécie son goût, son odeur, sa texture.

Chez de nombreuses personnes, la consommation de chocolat est liée à des souvenirs (l’enfance, les fêtes, les vacances, etc.) ou à des moments (de la journée, de la vie) particulièrement agréables. Elle revêt ainsi souvent un aspect émotionnel, voire affectif, fort. Et c’est précisément cela qui active le « circuit de la récompense » et permet au cerveau de libérer certaines hormones et certains neurotransmetteurs, qui influencent les sensations de bien-être et procurent un sentiment de bonheur.

À consommer avec délectation, occasionnellement et en petite quantité.

Pourquoi le chocolat rend-il heureux ? Chimie ou Psychologie ?

Mots clés :