Carrefour, pionnier du « sans OGM »

Ces vingt dernières années, Carrefour a multiplié les initiatives pour s’affranchir des OGM dans le circuit alimentaire, au nom du principe de précaution. Devançant même souvent le cadre réglementaire.

En 1996, les OGM toquaient à peine à la porte de nos supermarchés et la France s’apprêtait à autoriser leur culture (chose qu’elle fera deux ans plus tard). Pressentant les enjeux qui entoureraient ces organismes ô combien polémiques, Carrefour se lançait pourtant un défi aussi ambitieux que fort en symboles : proposer une alternative à ses clients, via les produits Carrefour exempts d’ingrédients végétaux issus d’OGM.

Entre 1996 et 1998, avec l’aide des fabricants, Carrefour a identifié dans la composition de chaque produit à sa marque les ingrédients et les additifs susceptibles de contenir des OGM. Les ingrédients dérivés d’OGM ont été remplacés par des produits pour lesquels les manipulations génétiques ne sont pas autorisées. De nouvelles recettes ont été ainsi élaborées et systématiquement testées auprès des consommateurs pour s’assurer qu’elles étaient au moins autant appréciées que les recettes originales.

Dans le cas où la substitution n’était pas possible pour des raisons techniques, Carrefour s’est attaché à garantir la traçabilité de l’ingrédient depuis son origine. L’enseigne a demandé à ses fournisseurs de procéder à des analyses régulières pour les espèces végétales ou leurs dérivés pouvant provenir d’OGM entrant dans la composition des produits à marque Carrefour. Neuf produits ont ainsi été retirés de la vente, car ni la substitution ni la traçabilité n’étaient possibles.

Fin 1998, l’enseigne étendait ses engagements à l’alimentation animale. Deux ans plus tard, en avril 2000, un premier bateau de soja non génétiquement modifié en provenance du Brésil arrivait en France au port de Montoir-de-Bretagne pour alimenter les filières animales des fournisseurs de porc et de volaille, notamment sans que cette information ne puisse être connue du grand public, le cadre réglementaire ne le permettant pas.

Étiquetage « sans OGM »

En 2010, avec le soutien de plusieurs parties prenantes dont diverses associations de consommateurs et ONG, Carrefour étiquette plus de 300 références commerciales à sa marque issues d’animaux « nourris sans OGM (0,9 %) », en informant ses consommateurs via un étiquetage spécifique.

C’est une réponse à l’exigence croissante de Français qui, soucieux de leur alimentation, étaient 63 % à indiquer dans une étude Ifop datant de 2010 qu’ils arrêteraient la consommation d’un produit s’ils savaient qu’il était issu d’animaux nourris avec des OGM. Ils étaient alors plus de 96 % à considérer nécessaire de mentionner sur l’emballage la présence ou l’absence d’OGM dans l’alimentation animale. Cette initiative est également relayée dans les rayons concernés sous forme de PLV (supports physiques).

La France a pris le pli, courant 2012, en faisant paraître un décret autorisant l’étiquetage « sans OGM ».

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