Le bien-être animal, c’est l’affaire de tous

En tant qu’être sensible, l’animal a droit au respect. Au-delà des questions éthiques, c’est aussi un enjeu de santé. Le bien-être et la protection des animaux sont aujourd’hui une préoccupation majeure des citoyens, des professionnels de l’alimentation et du gouvernement.

Qu’est-ce que le bien-être animal ?

Depuis 2009 et le traité de Lisbonne portant sur l’architecture institutionnelle de l’Union européenne (UE), les animaux sont reconnus comme des êtres sensibles, qui ressentent des émotions telles que la peur, la douleur et le plaisir. Mais dès 1988, l’UE définissait des règles générales pour la protection des animaux d’élevage détenus pour la production d’aliments, de laine, de peau ou de fourrure ou à d’autres fins agricoles.

82 % des Européens estiment que le bien-être des animaux d’élevage devrait être mieux protégé.

S’appuyant sur la position de la Convention européenne pour la protection des animaux dans les élevages, celle de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et celle de l’organe consultatif indépendant britannique Farm Animal Welfare Council, la réglementation est basée sur le respect de cinq libertés fondamentales de l’animal :

  • Liberté physiologique : absence de faim, de soif ou de malnutrition
  • Liberté environnementale : logement adapté, absence de stress climatique ou physique
  • Liberté sanitaire : absence de douleur, lésion ou maladie
  • Liberté comportementale : possibilité d’exprimer des comportements normaux, propres à chaque espèce
  • Liberté psychologique : absence de peur ou d’anxiété

Comment se mesure le bien-être animal ?

Le bien-être d’un animal dépend de nombreux facteurs tels que la santé, le logement, les pratiques d’élevage, la possibilité pour les animaux d’exprimer leurs comportements naturels… Pour l’appréhender concrètement, il faut donc s’attacher à évaluer chacun de ces cinq facteurs :

  • L’alimentation : accès à de l’eau fraîche et propre et à une nourriture adéquate (durée de pâturage pour les bovins, apport de compléments fibreux pour les veaux) assurant la bonne santé et la vigueur des animaux ; interdiction de tout produit destiné à stimuler la croissance ; étiquetage des aliments des animaux (traçabilité).
  • Le transport : la durée de voyage des animaux ne doit pas dépasser huit heures et, afin de limiter au maximum leur stress, le véhicule doit respecter des règles telles que la séparation des animaux d’espèces différentes, la surface (trop faible, elle porte atteinte au bien-être ; trop importante, elle peut conduire à une chute), l’ambiance (température, ventilation et luminosité adaptées).
  • Le logement : l’éleveur doit fournir un environnement approprié comportant des abris et une aire de repos confortables, adaptés aux besoins physiologiques et éthologiques des animaux (surface et densité minimale, pas d’obscurité permanente ni de lumière artificielle ininterrompue) ; bonne circulation de l’air, sols imperméables avec une pente pour assurer l’écoulement des déchets afin de limiter les risques de contamination, vérification quotidienne des systèmes d’alimentation et d’abreuvemen.
  • Le suivi sanitaire : tout animal qui paraît malade ou blessé doit être soigné sans délai dans le respect de la réglementation de l’utilisation des médicaments. Un local avec litière sèche doit être dévolu à l’isolement des animaux malades ou blessés, si besoin.
  • L’abattage : prise en compte de la douleur par l’étourdissement qui provoque une perte immédiate de conscience et de sensibilité des animaux ; interdiction de frapper les animaux et de les immobiliser en les suspendant en état de conscience, de serrer ou d’attacher leurs pattes par un dispositif mécanique.

Un écho grandissant dans l’opinion

Densité des élevages, confinement et claustration, voire mutilations : les enquêtes ont mis à jour certaines méthodes d’élevage inacceptables et illégales.

Le bien-être animal est un sujet qui rencontre un écho grandissant dans l’opinion. Les consommateurs et citoyens dénoncent avec force ces pratiques cruelles qui ne respectent pas l’animal et sa sensibilité. Selon une étude TNS Opinion & Social réalisée en 2015, 82 % des Européens estiment que le bien-être des animaux d’élevage devrait être mieux protégé qu’aujourd’hui.

Cette exigence pour un mode de production plus respectueux du bien-être animal se traduit dans les pratiques de consommation : les produits comportant le Label rouge ou un label biologique bénéficient d’une bonne perception, alors que les autres familles de viande souffrent d’une dépréciation croissante. 30 % des personnes déclarent ainsi avoir diminué leur consommation de viande.

L’engagement des filières et des pouvoirs publics

L’évolution des mentalités, la sensibilité croissante de l’opinion publique, la recherche de nouveaux modèles de production… Le bien-être animal est de plus en plus pris en compte par les professionnels producteurs de viande et par les distributeurs, à l’instar de Carrefour qui multiplie les initiatives sur le sujet depuis 1992.

Du côté des pouvoirs publics, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a lancé en août 2017 un groupe de réflexion sur le bien-être animal afin de trouver des solutions concrètes et des pistes d’amélioration.

Et lors des États généraux de l’alimentation (dont l’atelier 1 porte notamment sur ce sujet), le président Emmanuel Macron a déclaré, le 11 octobre 2017 : « Il faut valoriser les indications géographiques, le Label rouge, le bio, favoriser le bien-être animal, moderniser les abattoirs, renforcer l’étiquetage sur l’origine des produits transformés. ». Et d’ajouter : « l’État est prêt à s’engager financièrement pour accompagner ces mutations, filière par filière ».

> VOIR LE DOSSIER